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Promotion du «Made in Sénégal» dans l’Artisanat – La filière «Cuir, peaux et maroquinerie» au scalpel du Club des Investisseurs Sénégalais

Promotion du «Made in Sénégal» dans l’Artisanat - La filière «Cuir, peaux et maroquinerie» au scalpel du Club des Investisseurs Sénégalais - investactu.com

La filière de l’artisanat était, hier, à l’honneur, dans le cadre des jeudis du Conseil des investisseurs sénégalais initiés par le président Babacar Ngom, patron de la Sédima. «Promouvoir le Made in Sénégal à travers nos artisans : la filière cuir, peaux et maroquinerie» était la thématique du jour qui a regroupé cinq panelistes de haut niveau sous la coordination de Victor G. Ndiaye, président de Performances group.

Il s’agit de MM. Yvetot Christophe Olivier Renaud, représentant de l’Organisation des Nations Unies pour le développement industriel (ONUDI), Mamadou Ba, président de l’Association nationale pour l’intensification de la production laitière (ANIPL), Magatte Wade, Maire de Ngaye Mékhé, ancien de la banque africaine de Développement (BAD) et Ababacar Sedikh Beye, Professeur de Physique, Expert en Science des matériaux et Innovation, ancien patron de l’Institut africain du Laser basé à Pretoria, en Afrique du Sud après avoir aussi travaillé pour le géant Hitachi au Japon etc.

de richesses, l’artisanat à travers sa filière cuir et peaux s’inscrit dans une dynamique novatrice pour faire du Sénégal la capitale de la maroquinerie africaine. Telle est en effet l’ambition des autorités dont l’objectif est de faire réaliser à ce secteur, à l’horizon 2026, un chiffre d’affaires de 100 milliards de francs CFA (soit un triplement par rapport aux 34 mil- liards de CA actuels) et de créer 100.000 emplois. Et l’accès au marché public constitue à ce titre un levier important pour impulser la filière. Dans la salle de conférence du Club des Investisseurs Sénégalais, du président Babacar Ngom au personnel préposé à l’accueil, le ton était déjà donné, sur l’importance de consommer local. Tout le monde était habillé en mode made in Sénégal. Une invitation sans doute aux décideurs publics de mettre davantage l’accent sur l’intérêt et le devoir de consommer nos produits locaux.

Dans cette démarche, il est fondamental pour les acteurs du secteur de fournir un gros travail d’innovation en misant sur la formation afin que le produit made in Sénégal, à l’instar des grandes marques, s’adosse impérative- ment sur la qualité du service. Et pour ce faire, tous les acteurs, tout au long du processus, doivent se mettre à niveau. Les produits doivent être mis aux normes internationales les plus exigeantes. Un environnement suffisamment incitatif doit être créé pour attirer les investisseurs étrangers et un environnement attractif créé. Le Gouvernement a d’ailleurs réalisé une étude exhaustive sur la filière réalisé par le cabinet Performances Group de M. Victor Ndiaye. Cette filière du cuir est en effet l’une de celles qui peuvent créer la plus forte valeur ajoutée pour l’économie nationale à côté de celles des produits pharmaceutiques et du tourisme. Pour le reste, hélas, le Sénégal exporte toujours majoritairement des produits bruts sans aucune forme de transformation.

Premier paneliste à intervenir, le président de l’ANIPL, qui parlait en connaissance de cause pour avoir été le directeur commercial de l’usine Bata en plus d’être un éleveur moderne, a insisté sur l’impérieuse nécessité pour l’élevage de se moderniser. Or, estime-t- il, le marquage demeure, selon lui, l’un des freins du développement intrinsèque de la filière des peaux. «Au Sénégal, regrette Mamadou Ba, le marquage des bêtes se fait de façon très visible qui pousse même à déclasser certaines peaux comme second choix puisque rendant inutilisable certaines peaux». Pour lui, il urge de lancer une campagne de sensibilisation à l’endroit des éleveurs afin qu’ils évitent ce mode de marquage rudimentaire qui consiste à chauffer du fer sur le feu pour en- suite l’apposer sur les bêtes. Il a ainsi donné l’exemple de pays comme le Brésil qui offrent une qualité de peaux exceptionnelle parce que utilisant le tatouage au niveau des oreilles ou de la patte arrière des bêtes. Il a aussi insisté sur l’importance des cultures fourragères de manière à pouvoir faire un élevage intensif et informé que depuis trois ans, l’association qu’il dirige importe chaque année 1000 à 1300 vaches laitières de race en provenance d’Europe. Car il faut développer la production locale de lait pour diminuer la facture d’importation de ce produit qui se monte à 60 mil- liards chaque année.

Et les cordonniers vont chanter… à perdre l’alène !

commune de Ngaye-Mékhé a soutenu qu’il était possible, au Sénégal, d’avoir une vingtaine de tanneries végétales. Il a plaidé pour la mise en place d’écoles de formation et d’une usine qui fabrique de la croûte tout en regrettant que les taxes tuent lentement le secteur privé. Il a d’ailleurs révélé que la BAD vient de donner son accord pour financer, à hauteur de 1,3milliard de nos francs, une telle école qui sera basée à Mekhé, incontestable siège du cluster cuir du Sénégal. Une école qui aura une vocation africaine toutefois et valorisera tous les savoirs et sa- voir-faire du continent dans ce domaine. M. Wade promet d’ailleurs que dans cinq ans tout au plus Ngaye est prête à devenir une ville industrielle du cuir.

Pour faire plus d’innovation et tirer notre filière cuir vers le haut, le Pr Ababacar Sedikh Beye préconise une cohérence de l’ensemble des démarches. En effet, pour être compétitif, il faut, selon lui, résoudre le problème de l’énergie et faire de sorte que le label Sénégal s’appuie sur des produits qu’on ne trouve qu’au Sénégal.

Il faut également noter la participation de Pierre Goudiaby Atepa qui a donné l’exemple dans ce club dédié aux investisseurs en encourageant la production de peaux de crocodile par un acteur local auquel il a promis de le mettre en contact avec quatre autres investisseurs potentiels afin de développer cette filière. Des interventions de qualité ont été faites par de jeunes entrepreneurs évoluant dans la filière du cuir, des designers et même une tanneuse traditionnelle représentant les femmes artisanes de Guédiawaye, héritières d’un savoir millénaire dans ce domaine. Bien évidemment la lancinante question du financement a été au centre de la plupart des interventions et, surprise, l’une des représentantes de la DER a révélé que les 900 millions de francs de financement dédiés par son organisme pour la chaine de valeur du cuir peinent à trouver preneurs ! Une chose est sûre, en tout cas : c’est un très grand coup qu’a frappé hier le Club des Investisseurs Sénégalais (CIS) du président Babacar Ngom en organisant cette journée consacrée à l’artisanat national et plus particulièrement à la filière cuir, peaux et maroquinerie. Un grand bravo !

Source : Le Témoin

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