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Pétrole : le baril au-dessus des 100 dollars, retour sur les années qui ont vu l’or noir dépasser ce seuil

Pétrole : le baril au-dessus des 100 dollars, retour sur les années qui ont vu l'or noir dépasser ce seuil - investactu.com

Les cours du pétrole flambent face aux fortes tensions géopolitiques et à la décision de la Russie d’envahir l’Ukraine. Retour sur les précédents records du prix de l’or noir, qui avait atteint des niveaux historiques en 2008.

Les prix des carburants devraient rester élevés en 2022, si ce n’est continuer de progresser. Le cours du baril de pétrole a dépassé les 100 dollars jeudi 24 février pour la première fois en plus de sept ans, après que le président russe Vladimir Poutine a annoncé une « opération militaire » en Ukraine. L’or noir risque de connaître une forte volatilité en 2022. Et son cours pourrait encore grimper, dans un contexte de tensions géopolitiques extrêmes.

Retour sur les précédents épisodes lors desquels le baril a franchi le seuil symbolique des 100 dollars.

2008, année de tous les record

Après avoir franchi le seuil symbolique des 100 dollars début janvier 2008, pour la première fois de leur histoire, les deux références de l’or noir ont atteint leurs sommets historiques le 11 juillet de cette année-là, à 147,50 dollars pour le Brent et 147,27 dollars le baril de WTI, coté à New York.

Un ensemble de facteurs fait exploser les prix : des tensions géopolitiques, de l’Iran au Nigeria en passant par le Pakistan; l’équilibre tendu entre une offre qui plafonne et une demande tirée par les pays émergents, Chine en tête; la prise de conscience que les réserves sont limitées et de plus en plus difficiles d’accès; enfin, une boulimie des fonds d’investissements pour les matières premières.

Les fonds se sont servis du pétrole comme placement anti-inflation mais, cercle vicieux, ils ont alimenté la hausse des prix en faisant grimper le brut.

Après la faillite de la banque américaine Lehman Brothers en septembre, cette logique s’inverse. Craignant à présent la déflation, les investisseurs se délestent du pétrole, d’autant qu’ils ont un besoin urgent de liquidités. Les cours s’effondrent, jusqu’à 36,20 dollars en décembre pour le Brent de la mer du Nord et 32,40 dollars pour le WTI. L’année s’achève ainsi sur des prix massacrés, avec des superpétroliers transformés dans certains ports en entrepôts flottants.

En 2011, la révolte en Egypte laisse craindre des difficultés d’approvisionnement

Le seuil des 100 dollars le baril est à nouveau franchi en janvier 2011. Les prix avaient été poussés à la hausse par les inquiétudes liées à la révolte égyptienne, le marché redoutant alors des risques de propagation des mouvements de contestation au Moyen-Orient. Le Printemps arabe aura également conduit à la chute de l’ex président tunisien Zine El Abidine Ben Ali et aura notamment ébranlé le régime du Syrien Bachar al-Assad durant l’année 2011.

Si l’Egypte n’est pas un producteur essentiel d’or noir, le pays abrite deux voies majeures d’acheminement du pétrole, le canal de Suez et l’oléoduc Suez-Méditerranée (Sumed), expliquant alors la nervosité du marché qui redoutait des perturbations de l’approvisionnement en brut.

En 2012, l’embargo sur le pétrole iranien fait flamber les cours

L’année 2012 débute avec un prix du pétrole au-delà des 100 dollars le baril, propulsé par l’affermissement des sanctions économiques contre l’Iran, soupçonné par les occidentaux de vouloir se doter de l’arme atomique sous couvert d’un programme nucléaire civil. De son côté, Téhéran menace d’interrompre ses livraisons d’or noir à l’Europe, contribuant à exacerber les inquiétudes sur l’offre mondiale de brut.

Un embargo sur le pétrole iranien est décidé par l’Union européenne au début de l’année 2012. Conjugué à la baisse des achats des principaux clients asiatiques de l’Iran sous la pression des Etats-Unis, les exportations de brut de l’Iran baissent de moitié.

Une grande partie du pétrole produit dans les pays du Golf transite par le détroit d’Ormuz, un passage stratégique contrôlé par l’Iran, qui menace de le fermer.

Téhéran et les grandes puissances scellent finalement en novembre 2013 à Genève un premier accord historique pour contenir le programme nucléaire iranien, en échange d’un allègement des sanctions économiques

De 2012 à 2014, le prix du brut reste élevé en raisons des tensions au Moyen-Orient

Le prix du brut repasse brièvement sous la barre des 90 dollars le baril en juin 2012, plombé par la crise économique dans la zone euro.

Jusqu’à 2014, les cours du pétrole évoluent presque continuellement au-dessus des 100 dollars le baril, soutenus à la fois par un durcissement des sanctions internationales contre Téhéran et des tensions géopolitiques au Moyen-Orient, notamment à cause du conflit syrien.

Fin 2014, les cours du pétrole entament une dégringolade jusqu’à tomber en-dessous des 50 dollars le baril début 2015, à cause notamment du pétrole de schiste américain qui inonde le marché.

Source:  Capital.fr

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